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Shirley ROZELOT Shirley ROZELOT Dirigeante de SR LOC et SR IMMO

Loi Lemeur : un nouveau cap pour les locations courte durée. La réponse ci-après par Shirley ROZELOT

Shirley ROZELOT

Dirigeante de SR LOC et SR IMMO
https://www.srloc.fr/

Loi Lemeur : un nouveau cap pour les locations courte durée

La location de courte durée connaît un tournant majeur avec la loi Lemeur, adoptée en 2024. Si ce nouveau cadre réglementaire renforce les obligations des propriétaires, il ne signe pas la fin de l'activité : il marque son entrée dans l'âge de la maturité.

Professionnalisation, valorisation du patrimoine, meilleure lisibilité du marché ... Derrière les contraintes apparentes, de nouvelles opportunités se dessinent pour les investisseurs bien accompagnés.

Une régulation attendue pour un marché devenu stratégique

Face à l'explosion du nombre de meublés touristiques dans les métropoles, les pouvoirs publics ont souhaité rééquilibrer l'accès au logement pour les résidents. C'est dans cette optique que la loi Lemeur abaisse de 120 à 90 jours par an la durée maximale de location d'une résidence principale en zone tendue, et renforce les outils des mairies pour encadrer les locations touristiques de résidences secondaires (autorisations, compensation, plafonds).

Ce tour de vis n'est pas un signal d'arrêt, mais un rappel à la cohérence et à la transparence.

L'objectif est de réserver l'usage locatif saisonnier aux propriétaires engagés, respectueux du tissu local et capables de professionnaliser leur offre.

Plateformes, copropriétés, fiscalité : vers plus de lisibilité

La loi introduit de nouvelles obligations pour les plateformes : vérification systématique du numéro d'enregistrement, blocage au-delà des jours autorisés, transmission des données aux collectivités. Les copropriétés peuvent aussi encadrer l'usage des lots, avec des clauses opposables interdisant ou limitant les meublés touristiques.

Côté fiscal, l'abattement du régime micro-BIC est ajusté : il passe de 71 % à 50 % en zone tendue, mais reste avantageux dans les zones rurales et touristiques. La fiscalité devient plus juste, mais reste compétitive pour ceux qui optimisent leur stratégie.

Investir autrement, mais toujours avec ambition

Certes, la location courte durée est moins « libre » qu'à ses débuts, mais elle demeure une source de rendement attractive à condition d'être bien structurée. Dans les zones autorisées, l'activité reste très rentable, surtout si elle s'appuie sur :

- une qualité d'accueil professionnelle (check-in digital, ménage pro, déco soignée),

-une optimisation fiscale maîtrisée (régime réel, amortissement, SCI, LM NP),

- une bonne connaissance des règles locales.

Les résidences principales restent largement ouvertes à la location saisonnière jusqu'à 90 jours/an. Et dans les communes non tendues ou touristiques (montagne, littoral, zones rurales), les contraintes sont bien moindres.

Un secteur qui se structure et s'assainit

Loin d'être un frein, cette régulation contribue à assainir le marché : elle réduit les pratiques abusives, protège les copropriétés et favorise les acteurs sérieux. Elle pousse à mieux cibler ses investissements et à bâtir une offre pérenne, qui valorise le bien et sécurise le propriétaire.

Les investisseurs ont donc tout à gagner à adopter une approche plus qualitative, en privilégiant des localisations pertinentes, une gestion rigoureuse, et un accompagnement professionnel. La demande de courts séjours reste forte : tourisme local, télétravail nomade, déplacements professionnels ... Les usages évoluent, mais le besoin d'hébergement flexible, lui, demeure.

Une opportunité pour les professionnels de l'immobilier

Dans ce nouveau cadre, les agences, syndics, conseillers et gestionnaires ont un rôle central à jouer : celui d'accompagner les propriétaires dans la conformité, la rentabilité et la sérénité. De la vérification réglementaire à la gestion déléguée, en passant par les montages juridiques et fiscaux, une nouvelle gamme de services à forte valeur ajoutée émerge.

En conclusion : l'avenir appartient aux investisseurs avertis

La loi Lemeur ne signe pas la fin de la location courte durée, mais son évolution vers un modèle plus durable, plus équilibré et plus professionnel. Ceux qui sauront s'adapter, innover et respecter ce nouveau cadre continueront à en tirer une forte valeur patrimoniale et locative. Car si le terrain change, le potentiel reste intact